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Agrobusiness au Burkina Faso : quels effets sur le foncier et la modernisation agricole ?

 

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Le concept d’« agrobusiness » a été introduit au Burkina Faso en 1999 dans un contexte dominé par une agriculture « familiale » qui emploie la majorité de la population. Le Groupe de Recherche et d’Action sur le Foncier (GRAF) a estimé opportun d’évaluer son impact par une étude dans deux provinces, tant par rapport à la problématique foncière, que vis-à-vis des objectifs avancés pour sa promotion, notamment la modernisation de l’agriculture.

Au Burkina, sont qualifiés comme agrobusinessmen ceux qui investissent pour créer des agro-entreprises et qui sont exogènes au milieu rural. Au vu des activités et des pratiques des agrobusinessmen sur le terrain, il apparaît encore difficile de justifier leur soutien par leur capacité à moderniser et à professionnaliser l’agriculture au Burkina Faso.

Car peu d’entre eux mettent réellement en valeur les terres acquises. Il ressort d’ailleurs chez la quasi-totalité des acteurs du terrain et par un constat de visu que ce sont des portions très limitées des superficies acquises qui sont effectivement exploitées, avec des rendements largement en deçà de ceux de l’agriculture qualifiée de « subsistance ».

Par ailleurs, le défrichement au bulldozer et la quasi-absence des investissements pour prévenir l’érosion du sol provoquent des dégâts environnementaux. La fertilité initiale des sols risque de se perdre dans quelques années. La plupart des entreprises créées jusqu’ici suivent une stratégie très extensive. Elles emploient une main-d’œuvre saisonnière et temporaire peu nombreuse, non qualifiée et mal payée. Les entreprises sont faiblement créatrices d’emploi indirect.

L’étude rappelle qu’une catégorie des grands producteurs familiaux ont précédé les nouveaux acteurs et y réussissent souvent mieux. En effet, la promotion de l’agrobusiness et son corollaire de professionnalisation agricole devrait s’appuyer sur des dynamiques d’acteurs quelque soit leur catégorie, en mettant en place les mesures d’accompagnement nécessaires, ayant fait défaut jusqu’ici.

Pour en savoir plus sur l’étude, télécharger le rapport ci-dessous :

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