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Le foncier dans l’agenda des candidats à l’élection présidentielle

Au Burkina Faso, le contexte foncier est marqué par la multiplication des conflits fonciers de plus en plus violents. On enregistre chaque année des pertes en vie humaines, des coups et blessures et des dégâts matériels liés aux conflits fonciers.

Ces conflits qui opposent différentes communautés, notamment des agriculteurs aux éleveurs, des agriculteurs entre eux, sont exacerbés par le phénomène d’agrobusiness qui a ouvert la voie aux acquisitions foncières à grande échelle et à l’accaparement de terres en milieu rural.

La raréfaction de la ressource terre (et des autres ressources naturelles), la forte compétition autour de ces ressources naturelles et les crises qui les accompagnent ne sont pas des phénomènes seulement ruraux. Ils s’observent aussi en milieu urbain où la croissance urbaine s’accompagne des crises et conflits divers dont ceux autours des opérations de lotissements parfois exécutées dans la plus grande opacité.

Qu’en savent et pensent les candidats à la présidentielle ?

Dans ce contexte, de la maîtrise des enjeux fonciers par les décideurs et animateurs de la vie politique nationale permet de préserver la paix sociale ou de travailler à son rétablissement en vue d’assurer le développement économique du pays.

Quelle est la place du foncier dans l’agenda des candidats à l’élection présidentielle ? Comment les candidats à l’élection présidentielle du 29 novembre 2015 appréhendent ces enjeux ? Quelles sont les idées pour résorber les problèmes liés au foncier au Burkina Faso ?

Foncier et élection présidentielle

Le Groupe de Recherche et d’Action sur le Foncier, le Graf, a créé une occasion pour permettre aux candidats de présenter leurs analyses et idées. Des interviews filmées ont été réalisées autour des trois problématiques foncières que sont :

  • les conflits fonciers
  • l’agrobusiness et l’accaparement des terres
  • les lotissements et l’urbanisation galopante.

Sept candidats osent s’exprimer

Les quatorze prétendants pour la magistrature suprême ont tous été approchés. Certains à plusieurs reprises. Sept d’entre eux ont manifesté un certain intérêt pour ces questions et surtout ont eu le courage de se prononcer. Il s’agit de :

  1. Zéphirin Diabré de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC)
  2. Me Bénéwendé Stanislas Sankara de l’Union pour la Renaissance / Parti Sanakariste (UNIR/PS)
  3. Tahirou Barry du Parti pour la Renaissance Nationale (PAREN)
  4. Françoise Toé du Mouvement de Libération Nationale – Burkina Faso (MLN-BF)
  5. Adama Kanazoé de l’Alliance des Jeunes pour l’Indépendance et la République (AJIR)
  6. Victorien Tougma du Mouvement Africain des Peuples (MAP)
  7. Boukary Ouédraogo dit Tintin, candidat indépendant

Certains candidats ont très clairement refusé de se prononcer. Il s’agit de Ram Ouédraogo, le candidat du Rassemblement des Ecologistes du Burkina Faso (RDEBF). L’excuse trouvée : « ne veux pas courir le risque de se faire voler ses idées ». Nous avons reçu aussi le refus catégorique du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). Après plusieurs tentatives, l’un des conseillers en communication de Rock Marc Christian Kaboré nous a fait comprendre qu’il était « trop tôt » pour le candidat du MPP de se prononcer sur ces questions. Rendez-vous nous a été donné dans un an au moins pour en parler.

Avec Ablassé Ouédraogo, candidat du parti « Le Faso Autrement », a été l’un des premiers que nous avons contactés. Mais après cinq rendez-vous manqués, l’interview n’a finalement pas eu l’interview.

Les vidéos bientôt en ligne

Nous allons vous proposer dans les jours à venir les analyses et idées développées par chacun des six candidats autour des trois questions évoquées plus haut. Les vidéos seront mises en ligne sur le site web du Graf (www.graf-bf.org/).

Le Graf.

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Un commentaire

  1. Tres belle initiative du GRAF. Les questions foncieres sont fondamentales et doivent figurer en bonne place dans le programme des candidats. La terre etant le premier facteur de production de nos populations rurales, tout programme relatif a l’Agriculture devrait accorder une place de choix au foncier.

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