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Foncier : ce que propose Françoise Toé pour résorber les problèmes

Françoise Toé, candidate du Mouvement National pour la Libération
Françoise Toé, candidate du Mouvement National pour la Libération

Sa vision des problématiques foncières, son désir de permettre l’accès des femmes au foncier, la cohabitation pacifique entre petits producteurs et agrobuisinessmen… La candidate du Mouvement National pour la Libération (MLN) ne manque pas d’idées pour garantir une gestion équitable et durable du foncier au Burkina Faso.

Assurer à tous un accès équitable au foncier ! C’est ce que la candidate Fançoise Toé veut faire passer comme message. Elle explique la recrudescence des conflits fonciers ces dernières années par la démographie galopante, la course effrénée vers les terres devenues valeur refuge avec la promotion de l’agrobusiness et aussi la difficile cohabitation entre agriculteurs et éleveurs. Fançoise Toé évoque aussi l’injustice et l’impunité qui caractérisaient le défunt régime du Président Compaoré.

La candidate du MLN en veut pour preuve l’inculpation d’anciens maires pour des lotissements frauduleux. Mme Toé avance que «  si on voulait gérer correctement cette problématique chacun devait avoir au maximum deux parcelles. Certains se retrouvent avec plusieurs parcelles parce qu’ils ont été dans le système qui leur a permis de s’attribuer des parcelles alors que d’autres n’ont même pas une parcelle où abriter leur famille. Il y a là une injustice qu’il faut essayer de corriger ».

Concernant la « correction » des mauvais lotissements, l’experte comptable à sa petite idée. Un idée plutôt radicale. « S’il faut exproprier des gens parce qu’ils se sont malhonnêtement enrichis par le biais des parcelles, il ne faut pas avoir peur de le faire », affirme-t-elle. « Lutter contre l’impunité, les biens mal acquis passe aussi par une répartition équitable des richesses du Burkina » déclare-t-elle.

Mais pour résoudre durablement le problème, celle qui se voit en héritière des idéaux du Pr Joseph Ki-Zerbo, propose de mettre en œuvre un programme d’accès au logement pour tous. Elle envisage également une meilleure opérationnalisation de la politique de décentralisation pour que les ruraux aient une alternative à l’exode rurale. « Le problème c’est que la décentralisation que tout le monde a appelé de ses vœux et qu’on a cherché à promouvoir n’est pas une réalité, analyse-t-elle. Tout le monde veut s’installer dans la capitale alors qu’il y a d’autres localités qu’on peut développer ».

Ne pas sacrifier l’agriculture familiale sur l’autel de l’agrobusiness

Françoise Toé croit en l’agriculture comme moteur du développement. Cependant, cela n’est possible que si les producteurs sont sécurisés sur les exploitations. A la quête de l’autosuffisance alimentaire, elle prêche pour qu’aucun acteur, plus particulièrement le petit producteur ne soit lésé. C’est pourquoi sans être opposée à l’agrobusiness, la candidate socialiste appelle observer un certain nombre de préalable dont le respect des droits des propriétaires terriens familiaux. « Il faudrait protéger et sécuriser les propriétaires familiaux. Il faut éviter de les priver de leur source de nourriture parce qu’il en va même de la sécurité alimentaire », martèle-t-elle.

Pour ce faire, la candidate assure qu’elle mettra l’accent sur l’application des textes. Elle propose aussi que certains textes soient révisés notamment ceux concernant l’agrobusiness. Elle annonce qu’elle « va remettre à plat les différents textes parce qu’il ne faut pas non plus privilégier l’agrobusiness au détriment des petits producteurs ».

Elle propose aussi que l’Etat rachète certaines terres acquises par des agrobusiness men. « Dans la mesure où il est avéré que leur projet ne peut pas aboutir, l’Etat devrait racheter ces terres pour les redistribuer à leurs propriétaires initiaux, afin que les populations ne se retrouvent pas démunies totalement, incapable de se nourrir alors qu’elles étaient propriétaires de ses terrains ».

Pourtant n’allez pas voir en la candidate du MLN une opposante à l’agrobusiness. Elle y croit, mais à condition que les vrais opérateurs soient débarrassés des simples spéculateurs pour lesquels elle promet d’être ferme. « S’ils se sont acquis de centaines d’hectares qui sont en friches, il faudrait donc faire un état des lieux, recenser les gens dans cette situation pour redistribuer ces terres aux populations », préconise-t-elle.

Pour les vrais exploitants, elle s’engage à tout faire pour sécuriser leurs investissements. « Il faut que ceux qui ont acquis des terres d’une manière régulière puisse être sécurisés. C’est-à-dire qu’on ne puisse pas du jour au lendemain les exproprier », a-t-elle proclamé.

Faire de la femme le moteur de la croissance rurale

La dernière injustice que la candidate entend combattre concerne la discrimination dont sont victimes les femmes en matière du foncier. « Il faut que nous dépassions certaines pesanteurs socioculturelles. Si une femme a la passion de l’agriculture, il faut qu’elle puisse voir accès à la propriété foncière, qu’elle soit sécurisée pour l’exploiter et en tirer ce dont elle a besoin pour nourrir ses enfants », clame la seconde femme candidate à la présidentielle.

Mme Toé est convaincue que la femme si elle est sécurisée peut devenir un vrai moteur pour la croissance en milieu rurale. « Nous allons mettre en place une bonne gouvernance, nous sommes une équipe intègre, nous n’avons jamais eu de compromission avec qui que ce soit et nous avons des compétences pour installer une bonne gouvernance au Burkina Faso afin qu’on amorce le développement », conclut Françoise Toé.

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