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Foncier : ce que propose Tintin pour résorber les problèmes

Boukary Ouédraogo dit "Tintin", candidat indépendant à l'élection présidentielle du 29 novembre 2015
Boukary Ouédraogo dit « Tintin », candidat indépendant à l’élection présidentielle du 29 novembre 2015

Audits sur les lotissements en milieu urbain et les achats de terres en zone rurale, appuis multiformes aux promoteurs agricoles, construction de « villes intelligentes », etc. Le candidat indépendant à l’élection présidentielle Boukari Ouédraogo dit Tintin livre ses priorités en matière du foncier.

S’il est élu Président du Faso le 29 novembre 2015, le candidat indépendant, Boukari Ouédraogo dit Tintin entend faire de la question du foncier une priorité. Pour lui, la recrudescence des conflits fonciers ces dernières années est imputable à un manque grandissant de justice sociale dans le pays. « Des citoyens burkinabè comme nous ont pensé qu’ils étaient plus forts que les autres et se sont accaparé des terres des villageois. Ce sont des gens qui sont en ville, qui ont les moyens et qui prennent plaisir à aller acheter des centaines d’hectares avec les villageois alors que le villageois lui à besoin de cette terre pour une question de survie », déclare Boukari Ouédraogo dit Tintin.

« Moi Boukary, je me vois mal aller acheter 50 ou 100 hectares dans un village parce que c’est des villageois ils ne comprennent pas, j’achète ça à 75 000F/ha ou même 100 000 F /ha en sachant bien que tôt ou tard ils n’auront plus de terre pour cultiver, ça déjà ce n’est pas bien », dit-il. Il invite les auteurs de ces pratiques à « commencer à réfléchir » pour « remettre une partie » des terres qu’ils n’exploitent pas à la population et ne garder que de petites portions pour « leur plaisir ».

Audit des lotissements et achats de terres rurales

A en croire le candidat, sa première mesure consistera à conduire une série d’audits. « Si je suis élu, j’ai décidé de faire un audit sur les lotissements dans toute la ville de Ouagadougou et dans toutes les autres provinces pour qu’on puisse faire un état des lieux, ça c’est impératif et important et ça sera la même chose que nous allons faire dans le domaine rural. Il y aura un audit qui sera fait avec les villageois eux-mêmes », assure-t-il.

Il est prêt à remettre en question tout l’ancien système de lotissement qu’il qualifie de « catastrophe ». Il est inconcevable pour Tintin, de lotir sans aménager. « On arrive, on implante les bornes dans la brousse, on attribue des parcelles aux citoyens. Charge à eux de se frayer le passage. Pis, dans le lot de ces parcelles il y a au moins la moitié qu’on spolie » accuse-t-il.

Il n’hésite pas à traiter les anciens maires de vendeurs de parcelles préoccupés par leur intérêt égoïste au détriment du bien-être des populations. « Une personne qui a déjà été corrompu dans sa vie ne peut pas lutter contre la corruption, ça c’est très important. C’est ce que les citoyens doivent comprendre et comme nous sommes tous ensemble ici, on se connait et nous savons qui été corrompu et n’a pas été corrompu dans ce pays-là. Donc sur ce plan je laisse le peuple burkinabé de décider, s’il décide que c’est moi qui doit être leur président ils n’ont qu’a s’attendre à une transparence totale par rapport au lotissement », promet Tintin qui veut aussi mettre fin à l’expansion des villes.

Il préconise la construction en hauteur comme alternative au « tout lotissement ». « Si je suis élu, ce que je vais faire, c’est construire une ville intelligente. Il y a des quartiers qui sont là depuis 1950, lotis mais quand vous arrivez il n’y a pas de caniveaux, tout les bâtiments sont délabrés, alors qu’on peut revoir ses quartiers-là, les rénover, et ça va améliorer la vie même des citoyens. Je vais privilégier la construction à hauteur pour densifier la ville », explique le candidat indépendant.

Repenser l’agrobusiness

Concernant l’agrobusiness, Boukari Ouédraogo est catégorique. « Je ne peux pas véritablement vous dire aujourd’hui qu’il y a de l’agro business au Burkina Faso », assène-t-il. Pour lui, l’agrobusiness désigne une autre façon de faire l’agriculture à grande échelle avec l’apport de nouvelles technologies. « Vous ne pouvez pas m’indiquer une zone ou un opérateur a investi dans du matériel adéquat sur les nouvelles technologies pour faire un grand champs », dit-il.

Pour autant, le candidat indépendant ne remet pas en question l’agrobusiness. Il est convaincu que cette politique peut permettre au pays d’atteindre durablement l’autosuffisance alimentaire. Pour cela, il promet d’aider les opérateurs à accéder à des financements conséquents. « Je vais faire de l’agrobusiness une réalité, lance-t-il sentencieusement. Il faut accompagner les gens car je sais qu’il y a des burkinabè qui sont capables de faire de l’agrobusiness. Mais ils n’ont pas d’accompagnement financier. Vous savez tout s’articule autour du financement.».

Boukari Ouédraogo promet qu’il va s’investir « à appuyer tous ceux qui veulent faire de l’agrobusiness à avoir des financements car l’Etat leur doit cela ». Il compte aussi les accompagner à acquérir du matériel agricole. « Je suis un entrepreneur du BTP, et je sais ce que veut dire un engin, donc je vais les doter de vrais tracteurs agricoles, modernes et on va les appuyer avec des engrais, des semences, et on va les accompagner avec de la liquidité parce que je sais qu’on ne peut rien faire sans la liquidité, l’argent », dit-il.

Il ajoute : « Nous avons assez d’espace, et chaque année, Dieu nous donne des milliards de m3 d’eau. Mais qu’est-ce qu’on fait avec ? Si on n’est pas capable de maitriser l’eau au sol, on ne peut pas parler d’agro business ».

 

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