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Foncier : ce que propose Victorien Tougouma pour résorber les problèmes

Victorien Tougma, candidat du Mouvement Africain des Peuples à l'élection présidentielle du 29 novembre 2015
Victorien Tougma, candidat du Mouvement Africain des Peuples à l’élection présidentielle du 29 novembre 2015

Transparence dans l’attribution des parcelles, lutte contre la spéculation foncière, multiplication des zones de croissance… voici les grands traits du programme de Victorien Tougouma sur le foncier.

Le président du Mouvement Africain des Peuples (MAP) le clame haut et fort : « le foncier est une question transversale dans son programme ». Selon lui, c’est parce que l’Etat a longtemps été faible dans la gestion de ce domaine que les conflits fonciers se sont multipliés.

Dans un contexte marqué par une forte croissance démographique et une compétition accrue autour de l’accès au foncier et aux ressources, Victorien Tougouma pense que l’Etat devrait jouer un rôle crucial pour faire face aux défis.

Il préconise le dialogue ancestral comme remède aux conflits fonciers. « Avant quand il y avait les problèmes, on prenait le temps de s’assoir sous l’arbre à palabre, de discuter et les régler. Maintenant les conflits sont portés aux nuées », regrette-t-il.

Outre le dialogue, s’il est élu président, le spécialiste en logistique promet une fermeté de l’Etat dans le respect des droits des acteurs de sorte à minimiser les conflits. « Il faut aussi que l’état soit ferme, que les corridors qui sont réservés aux éleveurs ou les parties réservées aux agriculteurs puissent être respectés », affirme-t-il.

Mais la mesure phare de son programme demeure la mise en œuvre d’une nouvelle réforme agraire et foncière vue comme la panacée. Il déclare avec conviction que « faire la réforme agraire et foncière, c’est vraiment mettre l’accent sur l’urbanisation des grandes villes ; c’est mettre l’accent sur des cellules de prévention des crises ».

Le fichier électronique arme contre le cumul des parcelles

Concernant le lotissement urbain, le candidat du MAP dresse un bilan négatif de la gestion des anciens maires. « Ces dernières années, surtout sous le régime Compaoré, le lotissement s’est beaucoup plus fait sous l’angle politique, comment on peut utiliser des parcelles pour avoir des voix ? », s’interroge-t-il. Il s’insurge contre des pratiques qui ont permis d’attribuer près d’une dizaine de parcelles à un même individu. Pourtant selon ses dires, cela va à l’encontre de la loi.

Victorien Tougouma promet que s’il est élu, il lancera un audit exhaustif des lotissements passés. « Une fois les audits faits, nous allons être intransigeant là-dessus, puis que la loi est clair : on ne peut pas être attributaire de plus de 2 parcelles dans la même commune », a-t-il poursuivi.

Le candidat MAP prévoit aussi la création d’un fichier national des attributaires de parcelles de sorte à débusquer tout contrevenant à la loi. Il explique qu’« il faut qu’il y ait un fichier de lotissement. Un fichier numérique de sorte que si moi, Victorien Tougouma si je suis attributaire d’une parcelle à Ouagadougou, que ça puisse se savoir au niveau du cadastre si on interroge mon nom avec ma CNIB[1]. On met Victorien Tougouma à Bobo, à Ouahigouya, à Dédougou, tout cela doit être centralisé et connecté de sorte qu’on puisse savoir que je suis attributaire de parcelle ».

Sa dernière proposition consistera au lancement d’un programme de 50.000 logements au profit des travailleurs. « Dans notre programme de société nous prévoyons 50.000 logements à construire, parce que nous nous disons dans notre philosophie que chaque travailleur doit avoir un logement », donne-t-il en guise de solution.

L’agrobusiness comme levier de croissance

Victorien Tougouma n’y va pas par 4 chemins. Il croit fermement en l’agrobusiness même s’il concède qu’il faille faire un réaménagement. « Véritablement pour nous l’agrobusiness est quelque chose d’important mais il faut le redéfinir. Il faut le recadrer pour lui donner une nouvelle perspective. C’est ce qui a été prévu dans notre programme » a-t-il confié. Il milite pour l’émergence d’une classe d’entrepreneurs agricoles professionnels, astreints à des cahiers de charges clairs. Le pôle de croissance de Bagré est pour lui l’exemple à suivre. « S’il y a des gens qui ont des projets viables qu’ils puissent venir avec ses projets là, nous avons aussi besoin d’investisseurs dans ce domaine », clame-t-il.

A l’inverse, il n’accorde que peu de crédit à l’exploitation familiale qui aimerait à terme transformer en coalition de coopératives agricoles. Il pense que « l’agriculture familiale est beaucoup plus une agriculture de subsistance. Ce n’est pas une agriculture qui créé beaucoup plus de la valeur ajoutée. Mais si on les organise en coopérative agricole, ça peut apporter quelque chose ».

[1] Carte Nationale d’Identité Burkinabè

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